Justice League. Tous coupables.7 minutes de lecture

Pour mon premier billet au sein de la glorieuse aventure qu’est Ketchup Mayo, j’ai décidé de me démarquer, j’ai décidé d’être le parangon de l’anticonformisme, j’ai décidé de parler d’un genre très original et novateur dans le monde cinématographique. Mais comme je n’ai pas trouvé le genre en question, on va plutôt parler de Justice League. Désolé. Enfin, vous pouvez toujours vous consoler avec le dernier ONA VU qui traite de… Oh.

Justice League, Justice League… Franchement, sans Avengers, qui aurait imaginé voir ce film un jour ? Pas moi en tout cas. Et c’est forcément assez iconique de voir débarquer sur une même image Wonder Woman, Batman, Flash, Aquaman et Cyborg.

Galileo, Galileo, Galileo Figarooooooo.

 

Pour autant, qu’en est-il ?

The plot : ça va pas terrible sur Terre. Après la fin de Batman V Superman, une nouvelle menace pointe le bout de son nez. Notre rongeur volant (oui, la chauve-souris n’est pas un rongeur, mais j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour ce petit nom) favori, accompagné de Wonder Woman, est toujours décidé à rassembler une team de super-héros. C’est parti pour de folles aventures.

Je rappelle à titre d’information que Justice League a malheureusement souffert d’une production chaotique (abandon en cours de route de Zack Snyder pour des raisons tragiques, reprise au pied levé de Joss Whedon qui a fait des reshoots pour alléger l’ensemble, …)

Sont-ce ces malheureuses circonstances qui en sont responsables, mais les problèmes ne tardent pas à pointer le bout de leur nez.

Si la première scène de Wonder Woman est dans la continuité de ce qu’on connaît d’elle, celle de Batman est un bordel sans queue, ni tête, illogique jusqu’au bout. L’un des acteurs impliqués dedans confiait qu’une première version de la scène avait été tournée d’une meilleure façon (à son sens), mais qu’elle n’avait pas été conservée. Mais qu’importe, on passe vite à autre chose… pour se rendre compte au bout d’une heure que le film ne sait même pas ce qu’il raconte.

Gloubiboulga d’effets spéciaux (big up à la désormais traditionnelle dernière partie de films DC, intégralement sur fond vert dégeulasse, on se demande s’il y a encore un acteur là-dedans et la célèbre moustache disparue de Cavill), de vannes qui tombent à plat, de scènes d’actions moins inspirées que dans BvS (ou rappelant les meilleurs moments de Quicksilver chez les concurrents), et d’incohérences en tout sens, Justice League se révèle être un film très bancal.

Gal Gadot (Wonder Woman) et Ezra Miller (Flash) tirent leur épingle du jeu, Jason Momoa (Aquaman) s’en sort bien avec ce qu’il a, mais Ray Fisher (Cyborg) paraît très transparent (c’est d’autant plus dommage qu’il incarne le personnage le moins connu de la bande), Henry Cavill (Superman) fait le strict minimum et Ben Affleck (Batman) ne transforme pas l’essai, mais j’y reviendrai plus tard.

On a perdu les spoires.

Et en face, on a un méchant qui n’aurait pas dépareillé dans les armées de Sauron, mais genre en second couteau de la trilogie du Hobbit (pour vous donner un ordre d’idée du niveau), il s’appelle Steppenwolf et c’est probablement le vilain le moins charismatique et le plus lambda qui m’est été donné de voir (il est en compétition avec ceux de Wonder Woman et de Thor 2). Le gars est là juste pour dire qu’il est né pour être sauvage, que c’est un méchant et qu’il va tout casser puis régner sur le monde après (ou ce qu’il en reste, hein, ‘sont cons, ces mecs). C’est saupoudré d’un complexe d’Œdipe mal digéré et d’une référence à un autre méchant majeur (tu le sens, le Thanos de chez DC au cinéma ?). Toujours la même gangrène.

C’est idiot, j’avais vraiment envie de l’apprécier, ce film. Mais plus j’y pense, et moins je trouve de qualités à lui attribuer. Je ne pense qu’à Wonder Woman, Flash et éventuellement Aquaman (qui a probablement la meilleure scène d’action). Eux trois forment l’intérêt de Justice League, par leur fraîcheur ou leur humour. L’orientation prise sur Flash me semble plutôt adroite et suffisamment solide pour qu’il tienne un film sur ses épaules (ce qui n’est pas du tout le cas de Cyborg, sorte de sous Iron Man à tendance deus ex machina pour combler les trous de scénario).

Et ne parlons pas de la traditionnelle scène post-générique qui ne donne tout bonnement pas envie d’en voir plus.

Pire encore, Justice League semble trahir l’optique de Man of Steel et Batman V Superman (qu’on y adhère ou pas, au demeurant). Cela s’explique probablement par le remplacement de réalisateur, mais le changement de ton, voire d’image est flagrant. Premier point, le scénario écarte tout impact sur le monde, à l’exception d’une petite bicoque perdue en Russie, là où les deux opus précédents accordaient une place majeure à l’humanité.

Autre victime de cette « évolution », et non des moindres : Batman devenu beaucoup plus modéré et gentillet, probablement en réponse aux détracteurs de BvS. Le problème étant qu’Affleck peine désormais à convaincre, voire semble à la limite de se demander ce qu’il fout là. Le personnage en vient même à dire qu’il est trop vieux pour ces conneries, alors qu’il semblait gonflé à bloc dans l’épisode précédent. Un parti pris qui pourrait justifier à terme l’hypothétique remplacement de l’acteur, voire un reboot via le film consacré à Flash.

Un dernier mot sur la musique par Danny Elfman qui sort une bande originale de commande, avec quelques références à son thème mythique de Batman (trop rare, mais bien présent), à celui tout aussi mythique de Superman par John Williams (encore plus rare, je ne l’ai pas entendu durant le film, il a fallu que j’écoute la BO séparément), mais ne fait quasi rien non plus de celui de Wonder Woman, pourtant excellent.

Il y a toutefois une justification (bonne ou mauvaise, je vous laisse juges) à cela, Elfman a récemment déclaré que son implication dans Justice League avait été décidée  à la dernière minute, avec l’arrivée de Whedon aux commandes, et son travail a dû majoritairement être effectué sur des story-boards.

Imaginez une légende rigolote là-dessous.

Bref, Justice League vaut d’être vu pour un trio d’acteurs qui fait un job allant du très honorable au très impliqué, pour connaître la suite de Batman V Superman (ça se passe quelques jours après), pour voir les méfaits d’un gain trop brutal de muscles (Ben Affleck, tout en raideur et costumes trop serrés), ou éventuellement pour voir tous ces grands noms ensemble. Cependant, il est tellement criblé d’incohérences, d’effets spéciaux étouffants, de lignes de dialogues (voire de passages) sans intérêt qu’il devient difficile de le défendre.

Mais après tout, quand on y réfléchit, n’est-ce pas de notre faute ? Nous, spectateurs avides de grand spectacle, qui allons voir ces films se succédant sans s’améliorer, voire en empirant ? Qu’on m’apporte une caméra, du papier et un stylo, je vais m’y mettre. J’attends l’accord de son agent, mais Foine ferait un Superman d’enfer.

Terminons sur une citation : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

C’est après avoir vu Justice League qu’Albert Einstein a formulé cette pensée. True story.

Verdict : la moutarde m’est montée au nez/10.

4 commentaires sur “Justice League. Tous coupables.7 minutes de lecture

  1. Je n’étais pas trop tentée d’aller le voir. Je pense surtout qu’ils savent que c’est le genre de film qui fera toujours des entrées en jouant sur la popularité des personnages.
    Du coup ils en mettent plein la vue à un public toujours demandeur de plus d’action et sur ce point ils sont forts. Reste à améliorer le scénario et tenter de sortir un peu des clichés de ces films. Ce qui n’est pas si évident que ça. Je ne suis plus trop cliente de ce genre de film mais de là à dire que c’est mauvais.. C’est surtout la meilleure recette pour faire un max d’entrées :). C’est aussi un bon divertissement sans se prendre la tête.

    1. Ben en fait, même les scènes d’action ne sont pas super inspirées, je trouve 🙁 Je reste assez friand du genre, je défends constamment BvS, qui a pourtant pas mal de faiblesses, je vais toujours voir les Marvel avec le sourire aussi.

      Mais là, je sais pas, ça n’a pas du tout collé. Je prie pour qu’on ait une version longue ou Snyderisée, mais je n’y crois pas trop.

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