Avengers – Infinity War.

Il y a 10 ans, j’arrêtais la fac. Armé de mon seul bac, lui-même auréolé de la gloire sans équivalent d’être « Littéraire », j’entreprenais mon ascension irrésistible dans la vie en devenant cuisinier chez Quick. En parallèle de cela, sortait sur nos écrans de cinéma Iron Man. Du chemin a été parcouru depuis pour Tony qui, une décennie plus tard, est entouré d’autant de héros qu’une petite salle des fêtes perdue dans la Beauce pourrait contenir. C’est déjà pas si mal quand on y songe.

Alors, sans vous faire un récapitulatif que vous connaissez je pense déjà, rappelons toutefois qu’il y a désormais une seule question qui anime le spectateur moyen quand il va voir un film Marvel : sera-t-il parmi les bons ou donnera-t-il du grain à moudre à ceux qui crient à l’overdose ? Réponse de normand dans les lignes qui suivent sur Avengers – Infinity War, sans spoiler.

Avant d’étaler brièvement le pitch du film, je me dois de vous préciser que je considèrerai que vous êtes à jour dans le MCU (Marvel Cinematic Universe) et que vous les avez tous vu. De toute façon, si vous en avez raté ne serait-ce qu’un, vous êtes bon pour passer à côté de pas mal de choses, et de l’incompréhension naît la frustration, voire la colère et la colère mène au côté obsc-. Autant économiser le smic que coûte une place de cinéma désormais et offrez-vous un voyage à New York.

Depuis Avengers premier du nom (2012, Joss Whedon), le spectateur est averti qu’une menace violette et massive est à l’affût. Mais non, pas Tinky Winky, merde. Thanos. Mais si, vous savez, on le voit surtout dans les Gardiens de la Galaxie, le séant confortablement positionné dans un trône volant pendant tout le film.

Bon bref, il a enfin décidé, suite aux nombreux échecs de ses séides pour s’emparer des pierres d’infinités, de se lever et de bousculer l’univers entier. Ça ne tarde pas, le film s’ouvre sur un champ de bataille qui n’a pas du tout joué en faveur des opposants de Thanos et de ses 4 subordonnés (ça sent le cheatcode invincibilité ou je ne m’y connais pas). L’occasion pour les frères Russo (les réalisateurs) d’affirmer leurs ambitions d’entrée de jeu : Avengers – Infinity War sera le film le plus sombre du MCU.

La principale difficulté de ce film tenait évidemment dans son affiche : la quasi intégralité (on reste [relativement] intrigué par deux absences notables, pauvrement justifiée, il faut bien l’admettre) des têtes d’affiches Marvel se trouve rassemblée durant plus de 2h30 d’action.

Si le résultat n’est évidemment pas parfait, il faut reconnaître que ça fonctionne plutôt bien, si on prend en compte tous les paramètres casse-gueule qu’il y avait. On se laisse happer par l’univers, les péripéties, les réalisateurs nous assènent coups sur coups jusqu’à un uppercut final. Du grand spectacle.

Mieux rythmée que Civil War, l’aventure se paie le luxe supplémentaire de proposer le meilleur antagoniste de la saga Marvel au cinéma. D’un tout autre calibre que Killmonger chez Black Panther, il emprunte cependant à celui-ci de réelles motivations et une philosophie de vie (et de mort) bien éloignées de la bougonnerie monolithique et sans relief des elfes noirs de Thor 2, par exemple. Thanos n’est pas fondamentalement le personnage le plus recommandable qu’on puisse croiser au Carrefour City du coin, mais son écriture parvient, tour à tour, à le rendre odieux, impérial, parfois tristement touchant, et globalement implacable. Un adversaire qui nécessite effectivement de convoquer les Avengers et les Gardiens de la Galaxie.

Devant la pléthore de personnages et de personnalités, il a fallu faire des choix. Si Iron Man, Dr Strange, Star-Lord ou Thor se taillent la part du lion, les frères Russo ont bien tenté d’en donner à tout le monde. Le résultat est un peu déséquilibré et certains acteurs n’ont pas forcément eu grand-chose à dire (La Veuve Noire a quoi… 3 répliques ? Captain America est assez en retrait également, bien éloigné de son image rayonnante et positive habituelle), mais l’un dans l’autre, je crois que ça aurait pu être bien pire. Une fois le film lancé, la musique retentissant au rythme d’apparitions épiques, les coups pleuvant, on se redécouvre un plaisir enfantin à voir tout ce beau monde ensemble (surtout quand on a eu l’occasion de bien relativiser en voyant Justice League. Souvenez-vous.), reste à voir comment cet Avengers 3 passera l’épreuve du temps, mais on peut d’ores et déjà saluer le travail des réalisateurs pour avoir tenté d’apporter un peu de noirceur et de conséquences, tout en ponctuant d’un humour bienvenu (et marque de fabrique) leur métrage. Bref, comme souvent, si vous n’êtes pas lassé des Marvel, celui-ci fera mouche, si vous en avez votre claque, allez savoir, peut-être que le ton adopté vous parlera plus ?

Allez, à dans un an, Avengers !

Prochaine étape : Solo. Pffffrrrr…

2 commentaires sur “Avengers – Infinity War.”

  1. C’est marrant.

    Au final j’ai le sentiment qu’on a la même impression sur ce film, à peu de choses près, mais qu’on ne l’a pas du tout vécu de la même manière en le regardant. Peut-être serais-je un peu plus critique que toi sur certains points mais ce serait pour chipoter.

    On est bien d’accord en tous cas sur la bonne intégration de Thanos dans tout cet univers. J’ai été très agréablement surpris sur ce point, ça m’a peut-être même sauvé le film. :3

    1. Je crois que j’ai du mal à perdre toute subjectivité quand un Avengers pointe le bout de son nez. C’est tellement incroyable en soit que je profite du moment qui m’est “offert”. Quand le premier Avengers est sorti, j’en croyais déjà pas mes yeux, le casting de fous! Alors forcément, là…

      Après, pour l’avoir revu, je confirme qu’il y a des défauts, mais je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient pour faire un truc à peu près cohérent avec autant de monde.

      J’ai vu pas mal de gens reprocher des facilités scénaristiques : Strange qui n’utilise – apparemment – pas la pierre (on verra bien dans le 4, ce qu’il en est), Thanos qui économise ses pouvoirs alors qu’il pourrait tout défoncer (d’une part, faut bien qu’il y ait des rebondissements, une suite, faut savoir mettre la raison de côté, c’est qu’un film et puis si ça se trouve, les pierres ont besoin de se “reposer”).

      Bref, je vais voir Deadpool dans 3h, je sens que ça va être une autre ambiance.

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