Octopath Traveler est-il un jeu difficile ?

On ne dirait pas en parcourant les articles du site, mais le jeu vidéo est à n’en point douter la passion qui regroupe l’ensemble des rédacteurs de Ketchup Mayo. Je me suis donc dit qu’il était temps pour moi d’écrire sur le jeu vidéo comme je ne le fais que trop peu.

J’ai donc eu envie d’écrire sur Octopath Traveler. Dernier gros jeu en date que je me suis baffré, c’était le candidat idéal. Mais j’en ai déjà parlé dans le Klub Moutarde #10. Et je n’aime pas me répéter. Donc si vous voulez avoir mon avis sur le jeu, merci de vous rendre à 9:30 et de vous laisser guider (j’ai même mis un commentaire pour que ce soit plus simple).

Voilà ! C’était mon avis sur Octopath Traveler ! Merci de m’avoir écouté et live long and pros

Pardon ? Pourquoi un article juste pour ça ? Pourquoi est-ce que je ne réponds pas à la question titre de l’article ? Je vous trouve bien véhément* dites donc !

*Vous serez gentil d’être véhément devant votre écran sinon je passe pour un con

Très bien alors je vais quand même parler d’Octopath Traveler… Mais pas que de lui ! Aujourd’hui nous allons aborder un thème “d’actualité” : la difficulté dans le jeu vidéo. Qu’est ce qu’un jeu difficile ? Est ce qu’un jeu difficile, c’est forcément Dark Souls ? Dark Souls est-il vraiment difficile ou bien sa prétendue difficulté n’est qu’une excuse servant à de fragiles mâles en quête de virilité pour faire croire qu’ils ont une énorme paire de testicules ? Tant de questions qui ne trouveront sûrement pas de réponse dans cet article, mais cela ne m’empêchera quand même pas de disserter sur le sujet.

Dark Souls : votre référence difficulté

De nos jours, il existe UNE référence quand on parle de difficulté dans un jeu vidéo. Un seul nom, répété à tort et à travers, car ce jeu a rappelé au grand public ce qu’était un vrai challenge. Car les vieux de la vieille vous le dirons : les jeux récents sont devenus faciles. On est guidé. Il ne nous reste plus qu’à suivre la flèche, appuyer sur les boutons indiqués à l’écran, ça fait *BOUM Michael Bay BOUM* et ça fait plaisir. Force est d’admettre qu’on retrouve cette caricature dans beaucoup de productions. Les jeux sont devenus plus accessibles. Mais ce n’est pas un réel défaut. Il est normal que les jeux évoluent en même temps que l’industrie. Si les développeurs et les éditeurs nous sortaient encore et toujours des purges telles que Ninja Gaiden NES, on serait bien triste. Les éditeurs s’adaptent à un public plus vieux. Un public qui n’a plus le temps de jouer et rejouer au même jeu pour le finir. Il faut tout de suite accrocher le joueur. On ne peut donc pas le faire mourir au deuxième niveau devant un boss de l’angoisse. Tout ceci est compréhensible et parfaitement acceptable. Qui n’a jamais voulu jouer à un jeu vidéo juste pour se détendre ?

Moi après une session de Dark Souls

Mais parfois, on veut en suer. On veut sentir que le jeu nous résiste pour, qu’une fois le jeu vaincu, on puisse sauter de joie et insulter sa console en se tapant sur la poitrine et en lui demandant qui est le patron. Et c’est là que Dark Souls, et Demon Souls avant lui, ont trouvé un public. From Software a produit des titres ayant moult qualités et l’une d’elle est d’opposer aux joueurs une résistance rude mais juste. C’est d’ailleurs ce qui fait que Dark Souls est totalement différents des jeux difficiles d’antan. Avant, on mourait en boucle parce que les jeux était souvent injustes. On essayait, on mourait à cause d’un piège invisible, on ré-essayait, on évitait le premier piège, pour mourir dans le suivant. Dark Souls, lui, vous piègera, mais si vous êtes aguerri, vous éviterez le danger. Et quand bien même vous trépasseriez, le jeu est prévu pour que vous mouriez. La mort n’est pas une punition. Elle fait partie intégrante du jeu et ce n’est pas parce que vous mourrez 10 fois que vous n’aurez plus de continue et que la partie s’arrêtera. Vous recommencerez donc, éviterez les pièges, mourrez, recommencerez, jusqu’à y parvenir. Et quand vous y arriverez, votre soulagement et votre joie seront grands.

Mais cette boucle de gameplay, aussi exigeante soit-elle, était-elle vraiment difficile ? C’était long, pas évident, mais êtes-vous vraiment un meilleur joueur après l’avoir terminé qu’en la commençant ? Je ne le pense pas. A moins que Dark Souls soit un de vos premiers jeux vidéo, il ne mettra pas vos talents de joueur à rude épreuve. Les combinaisons de touches sont plutôt simples et peu nombreuses. Ce qu’on vous demande ici, ce sont concentration et rigueur. Caractéristiques qui disparaissent d’ailleurs souvent instantanément une fois un boss vaincu, ce qui nous vaut de décéder sur le premier monstre venu une fois cette âpre épreuve passée.

Bref, ce que beaucoup considèrent comme difficile, c’est simplement de se donner à 100% dans le jeu. De ne penser qu’à lui pendant quelques minutes (les points de sauvegardes de Dark Souls étant quand même plutôt rapprochés, on n’a jamais à rester concentré des heures durant sans pause).

La difficulté aux mille visages

Alors attention je vous vois venir… Je n’ai pas dit que Dark Souls était simple. Il ne l’est pas. Il faut être un joueur expérimenté pour en venir à bout. Mais je pense aussi que tout le monde, pour peu d’insister et de faire preuve de volonté, en est capable. Et je pense aussi que je ne suis pas plus capable de finir un jeu difficile après avoir fini Dark Souls qu’avant. D’ailleurs, la difficulté n’est pas qu’une question d’habileté. Se limiter à cet aspect serait terriblement réducteur.

Par exemple, jouer à The Binding of Isaac ne demande pas de grandes compétences. Les touches sont extrêmement simples et les bases du jeu sont expliquées en seulement quatre petits dessins en début de partie. Néanmoins, quiconque aura joué à ce jeu dira qu’il n’est pas simple. Car le jeu est riche de centaines d’objets, de mécaniques, de secrets. Ce qui fera de vous un bon joueur sur Isaac, c’est votre connaissance du jeu. Savoir quels objets vont, ou pas, avec ceux que vous possédez déjà. Savoir comment vous pouvez débloquer l’objet salvateur qui transformera une partie laborieuse en étincelante victoire. Dans le même genre, on pourrait citer FTL : Faster Than Light qui est atrocement difficile lors des premières parties puis s’apprivoise au fur et à mesure que vous expérimentez les différentes manières d’appréhender les situations que le jeu vous oppose. Mais ce genre de jeu est-il vraiment difficile ? Est-ce vraiment difficile d’apprendre tous les secrets de ces jeux ? C’est long, ça oui, mais difficile…

Savoir jouer à Isaac c’est commencer comme ça…
… Pour finir ainsi !

Comme autre exemple de jeu compliqué, on pourrait citer Crypt of the Necrodancer. Pourtant, le jeu ne vous demande presque que d’utiliser la croix directionnelle pour jouer. Mais vu que vous devez faire tous vos déplacements en rythme au milieu d’une horde d’ennemis, tout de suite c’est moins évident. Votre première rencontre avec un minotaure ou un dragon ne vous laissera probablement que le douloureux souvenir d’une cuisante défaite. Heureusement, le jeu vous offre un moyen de vous entraîner sur tous les boss et mini-boss que vous rencontrerez dans le jeu. Vous pourrez donc connaître leurs attaques et points faibles pour être certain de les hacher menu la prochaine fois que vous les rencontrerez. Cependant, un jeu qui vous vous donne lui même les billes pour en venir à bout est-il vraiment difficile ?

On dirait pas comme ça mais ce n’est pas tellement compliqué

La dextérité, la connaissance ou le rythme ne sont pas les seules armes que peuvent requérir un jeu vidéo. D’autres mettent à rude épreuve votre sens de l’organisation, de la planification, de la stratégie. Dans Crusader Kings 2, vous aurez en charge de faire prospérer votre lignée. Et pour ce faire, vous aurez un nombre d’outils et de possibilités totalement indécent ! A qui allez-vous marier votre fille pour pérenniser une alliance ? Est-il vraiment judicieux de partir en guerre ouverte contre un des vassaux du roi ? Pourquoi diantre votre personnage s’est-il fait éventrer par un sanglier ?! Les jeux de stratégie et de gestion sont parmi les plus complexes à comprendre et à maîtriser alors même qu’ils ne demandent aucune agilité des doigts ou des réflexes de jedi. Pourtant, ils sont tout autant capables de vous faire vous arracher les cheveux que n’importe lequel des jeux sus-cités. Ce n’est qu’après vingt heures de tuto, plusieurs parties avortées et des dizaines de dynasties réduites en cendres qu’enfin, vous commencerez à comprendre les secrets de la victoire. Et après tant d’efforts, rien ne sera plus doux que le moment où vous pourrez enfin vous dire que “tout s’est passé comme prévu”. Alors encore une fois ce fut long et douloureux, mais maintenant, le jeu est-il réellement un mur infranchissable ? Finalement, une fois que l’on a décrypté ses mécaniques, le jeu se laisse dompter sans trop de problèmes…

Derrière cette interface de l’angoisse se cache un excellent jeu… Si si !

Qu’est ce que la difficulté ?

Alors, qu’est ce qu’un jeu difficile à mes yeux ? Si même un jeu “pas facile” ne l’est pas ? Et bien c’est tout simplement un jeu qui vous oblige à progresser pour en venir à bout. Un jeu qui, arrivé à un moment vous fait dire : “Diantre ! Je n’aurai jamais réussi ce passage quand j’ai commencé à jouer à ce jeu !”
Et c’est en disant ça que l’on touche à l’évidence : oui, la difficulté est subjective. Ce n’est pas parce que je n’ai pas progressé, manette en main, en finissant un Dark Souls que c’est le cas de tout le monde. On ne peut donc pas dire qu’un jeu est ou n’est pas difficile de manière irrévocable. Vous trouvez peut être que Civilization VI est le jeu le plus compliqué du monde, mais n’importe quelle personne ayant terminé une partie de Civilization IV ne pourra retenir un sourire tellement son jeu était plus ardu que le vôtre.
Bref la difficulté d’un jeu est en totale relation avec l’état initial dans lequel vous abordez le jeu.
Vous pensez de Céleste qu’il est le plus dur des jeux de plateforme ? Ce ne sera pas le cas pour qui a fini Super Meat Boy en long en large et en travers.

Toujours est-il que certains jeux offrent plus de challenge que d’autres. D’autant que ces challenges revêtent de nombreuses formes. Super Meat Boy sera presque insurmontable pour quelqu’un qui a des difficultés à trouver le bouton de saut sur sa manette. Mais peut-être que ce même joueur peut jouer Through the fire and flames dans Guitar Hero 3 en expert sans rater la moindre note. Dans ce cas, est-ce un grand ou un mauvais joueur ?

En fait il existe deux types de jeux : ceux que tata Simone peut terminer sans mal, et les autres. Les premiers ne sont pas moins bons que les autres : ils n’ont pas le même objectif. En effet, tous les joueurs ne recherchent pas forcément le challenge. Les autres, les jeux qui s’opposent à vous, ne sont pas classables en terme de difficulté. Car elle dépendra toujours et uniquement de celui ou celle qui est entre la manette et le canapé…

Pardon ? Octopath Traveler est-il un jeu difficile ? Ah oui c’est vrai que c’était ça la question ! Ma réponse toute faite, et donc forcément inexacte, sera “non”. Non car le jeu explique bien son fonctionnement et donne le niveau auquel il  est conseillé d’attaquer chaque chapitre. Donc si vous respectez ce que vous dit le jeu et que vous utilisez le système des faiblesses à bon escient, vous ne devriez rencontrer que peu de résistance. En revanche, si vous commencez à vous pencher sur le contenu optionnel, là il faudra faire marcher vos cellules grises pour trouver les combos qui mettrons les boss aux tapis. Mais si vous êtes un habitué du genre, rien ne vous semblera insurmontable.

Voilà ! J’espère que cette article vous fera réfléchir la prochaine fois que vous direz à quelqu’un que ce jeu “n’est pas trop difficile” ou bien au contraire qu’il est “impossible à finir”. Car parmi les nombreuses choses totalement subjectives dans notre rapport à un jeu vidéo, la difficulté n’est pas des moindres. Bref, après tout ce discours sur la difficulté dans le jeu vidéo, il est temps pour moi d’aller jouer au Sims !

Live long and prosper et soyez sage !

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