Eastshade : ô temps, suspends ton vol…2 minutes de lecture

A l’heure où les jeux vidéo sont encore accusés d’exacerber la violence d’une jeunesse dépravée incapable de faire la différence entre la réalité et la fiction, j’ai envie de vous parler d’un titre dont les détracteurs du médium vidéoludique ne soupçonnent même pas l’existence. Un jeu sans ennemis, sans armes, sans affrontements d’aucune sorte, dont le seul objectif semble être de procurer au joueur un émerveillement de chaque instant. Bienvenue dans Eastshade.

Dans ce titre indépendant sorti cette année sur PC, vous incarnez une peintre venue passer quelques jours sur l’île d’Eastshade afin d’immortaliser les lieux préférés de sa mère récemment disparue. Un sorte de pèlerinage au cours duquel vous rencontrerez des personnages anthropomorphes incroyablement humains, au sens noble du terme, et traverserez des paysages somptueux. Un argument largement mis en avant lors de la promotion du jeu, et on le comprend ! Chaque environnement a été conçu comme une œuvre d’art potentielle. De la couleur des forêts à l’éclairage des grottes, en passant par l’architecture des bâtiments, rien n’a été laissé au hasard. On n’explore pas Eastshade pour débloquer ou compléter telle ou telle quête. On le fait parce qu’on ne veut manquer aucune des merveilles imaginées par les développeurs. 

Alors vous me direz, les jeux contemplatifs ne sont pas nouveaux. Abzu, Journey, What remains of Edith Finch ou Firewatch sont sortis il y a déjà plusieurs années. Toutefois, s’ils proposent une expérience forte émotionnellement, celle-ci est généralement très courte. Pas facile, en effet, de retenir l’attention du joueur des heures durant par la simple beauté visuelle et / ou narrative. 
C’est là qu’Eastshade se distingue. Le titre réussit le pari d’offrir une expérience d’une dizaine d’heures sans temps mort, en conservant cette même féerie d’un bout à l’autre. Voyant la fin du jeu arriver, je n’ai pu m’empêcher de lâcher un “oh non” attristé… Si les deux premières heures m’avaient laissée un peu perplexe et désorientée, j’avais fini par me laisser entraîner dans ce monde organique, cohérent, à l’ambiance incroyable. Un monde auquel j’avais le sentiment d’appartenir.

J’aimerais en dire plus, mais vous l’aurez compris, Eastshade ne se raconte pas : il se vit. Alors si vous avez envie de vous échapper quelques heures du tourbillon de la vie, vous savez quoi faire.

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