Ocean’s 8

La liberté d’être a ceci d’exaltant que l’on prend parfois des décisions irréfléchies, juste parce qu’on peut le faire, peu importent les conséquences. Faire une folie spontanée en magasin, du saut en parachute, aller voir Ocean’s 8.

Ocean’s 8. Longtemps laissée à l’état d’hypothèse informe, la pseudo-suite de la trilogie initiée par Soderbergh (lui-même adaptant l’Inconnu de Las Vegas, que je ne vous recommande d’ailleurs pas)  débarque enfin, réalisée par Gary Ross. Au programme : Debbie Ocean (sœur de) incarnée par Sandra Bullock sort de prison (hé, mais j’ai déjà vu ça quelque part) avec l’idée en tête de voler un collier en diamants estimés à environ trois fois le budget du prochain film sur le Joker. Rien que ça.

Pour mener à bien sa filouterie, Debbie s’entoure d’une poignée d’expertes en la matière et roulez jeunesse.

Dans ce beau casting, on retiendra surtout Helena Bonham Carter, toujours aussi… Elle. Et Anne Hathaway en actrice tantôt godiche, tantôt arrogante. Bon et Cate Blanchett, parce que son personnage n’a pas d’intérêt particulier, mais je n’y peux rien, j’accroche. Et puis sinon, ça sera tout, il m’a fallu réfléchir deux minutes avant d’arriver à me souvenir des autres. Debbie reste assez éthérée, piètre tentative de faire exister un personnage écrit à l’identique de son frère, tout en sourires en coin et triples coups d’avance sur tout le monde, on connaît déjà, merci.

Ah, mais mes amis, on attaque déjà les défauts ! Attendez, juste un dernier point avant (oui, un seul), la musique était sympa, dans la continuité de ce à quoi on avait été habitués auparavant par la trilogie originelle.

Bien. Ben voilà, alors, trois actrices sympatoches, une OST qui fait le job. Oh, si, j’avais oublié ! On nous épargne l’histoire d’amour aussi subtile qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine et ça, mine de rien, c’est suffisamment important pour qu’on le souligne. Très bon point.

A part ça, que vous dirais-je, si ce n’est qu’on se surprend souvent à se demander ce qu’on fait là, combien de temps il reste, pourquoi Helena n’apparaît pas plus, pourquoi n’ai-je pas imité cette personne qui a quitté la salle au bout d’une heure…

Ocean’s 8 est long, trop long. L’intrigue s’étale sur 1h50 quand 30 minutes auraient fait l’affaire. Mettant trois plombes à démarrer, le film propose un casse certes pas désagréable et répondant aux critères capilotractés de la saga, mais au prix d’un manque cruel de tension. On s’ennuie. Le film prend un peu d’envol une vingtaine de minutes avant la fin, mais ça ne suffit évidemment pas à sauver l’ensemble. Même le petit twist qui survient n’apparaît à aucun moment comme une surprise pour qui aurait été un peu attentif en regardant les trailers (se tirer une balle dans le pied, fig. 1). Et ce ne seront pas les caméos qui sauveront le navire du naufrage.

Bref, en un mot comme en cent, préférez évidemment Ocean’s 11, et laissons la famille Ocean tranquille.

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