Outer Wilds : quand 22 minutes d’éternité ne durent qu’un instant5 minutes de lecture

J’ai toujours beaucoup de mal à parler complètement d’un jeu sans en divulgâcher le contenu. Pourtant, aujourd’hui, il est de mon devoir d’arriver à vous donner envie de jouer à Outer Wilds sans trop en dire. Car peu nombreux sont les jeux qui arrivent à vous émerveiller autant lorsque vous le découvrez.

Le tour de l’univers en 22 minutes

Les bases de Outer Wilds sont toutes simples. Vous êtes le tout nouvel explorateur spatial de votre civilisation. Votre objectif est, comme vos prédécesseurs, d’en apprendre plus sur le système solaire dans lequel votre planète évolue. Mais il y a un hic. 22 minutes après votre réveil, le jour de votre départ pour les confins de l’espace, le soleil explose, réduisant à néant toutes les planètes et la vie qui y habitait… Sauf que, sans comprendre pourquoi, vous vous réveillez alors de nouveau. Comme il y a 22 minutes, c’est votre premier jour. Et tel le jour de la marmotte, personne ne semble s’émouvoir de revivre inlassablement les mêmes derniers instants. Pourquoi êtes vous le seul à vous souvenir que le soleil est sur le point d’exploser ? Pourquoi le temps semble boucler indéfiniment sur lui même ? Voici les deux plus grandes questions auxquelles vous aurez à répondre. Mais elles en soulèvent bien d’autre, et ce sera à vous de parcourir les planètes de votre système pour expliquer le fonctionnement de votre monde. Et tout ça, sans jamais pouvoir y passer plus de 22 minutes…

Moment de grâce perdu dans l’espace

Et ce cycle de 22 minutes, vous allez le vivre maintes et maintes fois. Car bien qu’assez petit, le système ne contient en effet que 5 astres principaux, l’univers est rempli de secret… Et de réponses. Au début de votre aventure, vous partirez sans doute au petit bonheur la chance. Vous irez de planète en planète, essayant de vous familiariser avec ces mondes et leurs règles. Puis, petit à petit, vous essaierez de comprendre pourquoi les choses se passent comme elles se passent. Et le jeu vous poussera (gentiment) à poursuivre vos explorations en vous indiquant que vous n’avez pas tout découvert sur les endroits que vous avez visité. Alors, vous commencerez à vous fixer des objectifs pour les 22 prochaines minutes.

Comme dans Zelda Breath Of The Wild, tout ce qui est à portée de vos yeux est atteignable. Vous aurez alors à cœur de comprendre comment y aller pour y découvrir toujours plus d’informations sur le monde dans lequel vous évoluez. Vous serez d’autant plus déterminé à atteindre vos objectifs que cette fameuse limite des 22 minutes vous obligera à avidement progresser dans votre enquête.

C’est alors, lorsque la tension est à son comble, que vous venez de faire une découverte capitale, que le jeu semble appuyer sur “pause”. Beaucoup de fois, au détour d’une planète, d’un mur, à la sortie d’une caverne, je me suis arrêté. Outer Wilds est souvent incroyablement beau. Et pas par ses graphismes ou sa direction artistique. Mais bien par la force de ce qu’il vous montre et vous fait vivre. Dans son design, Outer Wilds est l’antithèse de No Man Sky. Chaque planète est ici construite avec soin. Chaque chose est à sa place et a son importance. Et ce monde parfaitement huilé et millimétré est fait pour vous scotcher. A chaque cycle, vous assistez au même spectacle, et pourtant, quel que soit l’angle de vue avec lequel vous le regarderez, il sera différent. Vous vous surprendrez peut-être alors, alors même que le jeu est une perpétuelle course contre la montre que vous ne pouvez gagner, à prendre votre temps. A observer le monde qui vous entoure en faisant griller des marshmallows. Vous reprendrez ensuite votre exploration, le cœur léger, prêt à enfin percer les mystères qui régissent ce monde.

Que reste-t-il lorsque le feu de camp s’éteint ?

Maintenant, quand je pense à Outer Wilds, je ne peux m’empêcher d’être un peu déprimé. L’expérience est tellement forte et belle que savoir que je ne pourrai jamais la revivre comme au premier jour à quelque chose de profondément mélancolique. En revanche, jamais je ne regrette d’avoir joué à ce jeu. Quand le jeu aborde mes pensées, c’est avant tout le souvenir de calmes moments de contemplation qui me parviennent.

Alors même que le jeu se passe dans un univers totalement éloigné du nôtre, il a cette faculté de nous remettre à notre place dans le monde. Devant ce jeu, qui n’est pourtant pas si grand, on se rappelle à quel point nous sommes tout petit. Et le plus beau dans tout ça, c’est que le jeu y parvient sans forcer. Le jeu n’essaye pas de nous pousser à nous questionner sur notre place dans l’univers ou quoi que ce soit. Peut être d’ailleurs que d’autres personnes ayant fait le jeu ne l’ont pas prit comme ça. C’est toute la beauté de la chose. Outer Wilds n’essaye pas d’être ou de dire quelque chose. Il est. C’est un monde. Un univers. Complet et réfléchi. Et de lui, chacun en retirera ce qu’il y trouvera.

Vous pensez peut être que j’en fais trop. Que c’est un simple jeu vidéo et que ça ne mérite pas autant de remise en question. Et vous avez peut être raison. Néanmoins, si vous n’êtes pas touché comme moi par ce qu’on peut potentiellement ressentir devant Outer Wilds, je vous assure que c’est un excellent jeu vidéo. Chaque planète est une brillante idée de gameplay et de level design. Un peu à l’image d’un Mario Galaxy. Dans un autre genre, vous pourriez aussi le prendre comme une sorte de Dark Souls duquel on aurait juste récupérer le lore mystérieux qui ne se livrent à vous que si vous faites l’effort d’aller vers lui. Pour faire simple, si vous aimez le jeu vidéo, je serai très surpris que vous n’aimiez pas du tout Outer Wilds. Vous ne l’aimerez peut être pas autant que moi, mais quand même… Le jeu mérite largement que vous vous y intéressiez, au moins pour 22 minutes…

Sur ce, Live long and prosper et surtout, soyez sage !

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