La Mythologie Viking – Neil Gaiman

Quand j’étais enfant, j’étais passionné par la mythologie grecque. Je me renseignais sur tout ce que je pouvais et j’ai rapidement lu les livres d’Homère en primaire. Une affection toute particulière qui a occulté d’autres univers pourtant bien riches, notamment les contes nordiques.

Mon premier contact avec ceux-là sont dû à Spider-Man qui croisait, le temps d’un cross-over, Thor. Du haut de ma dizaine d’année, Thor semblait assez plouc, il avait une police de caractère différente, parlait bizarrement et était carrément moins cool qu’un mec en pyjama rouge et bleu.

Si vous me permettez une lapalissade, il est évident que ce Thor-là n’avait finalement pas grand-chose à voir avec celui de la mythologie dont il était issu. Toutefois, c’est grâce aux films Marvel, ainsi qu’à un certain The Witcher 3 (Skellige, mon cœur bat pour toi) que je me suis enfin décidé à sauter le pas et m’intéresser à tout ça.

Problème : par où commencer ? Contrairement aux hellènes, la mythologie nordique laisse peu de traces écrites. C’est au hasard des rayons que je me suis retrouvé avec ce livre de Neil Gaiman entre les mains. Pas forcément attaché à cet auteur (je n’ai jamais rien lu de lui et j’ai juste vu l’adaptation de Lucifer), je savais en revanche qu’il avait écrit conjointement un livre avec Terry Pratchett. Le simple fait de savoir qu’il s’était acoquiné avec le Maître l’adoubait déjà dans mon esprit. Ni une, ni deux, j’ai donc pris La Mythologie Viking. Et nous allons en causer aujourd’hui.

Le livre est relativement court, moins de 280 pages, et se compose de plusieurs chapitres qui forment des petites aventures quasi indépendantes les unes des autres (même si parfois liées par des évènements, elles peuvent se lire séparément sans souci aucun).

Gaiman a pris à cœur, comme il l’explique en introduction, de rassembler en un ouvrage un ensemble d’histoires accessibles, en les tirant de-ci et de-là et en les arrangeant un petit peu pourquoi pas, dans le plus pur respect de la tradition orale.

Le résultat m’est apparu, en tant que parfait néophyte, agréable et fluide, même si je ne peux m’empêcher de déplorer parfois un manque de clarté dans la première partie qui expose le monde et ses personnages. Et j’aurais aussi apprécié en voir plus. Les histoires tournent majoritairement autour des dieux (et même là, ce sont surtout Loki, Thor et Odin qui se taillent la part du lion) sans laisser beaucoup de place au reste. Là où les légendes gréco-latines racontent les aventures de dieux comme de héros et offrent une variété étendue de récits et de créatures rencontrées, les fables nordiques relatées par l’auteur semblent plus limitées, mais peut-être était-ce la conséquence d’un choix de de ne pas faire un livre trop lourd et indigeste ?

Malgré ces ombres au tableau, la lecture se fait aisément, Gaiman rendant les choses aussi attrayantes et dynamiques que possible, et on découvre un univers cruel, souvent violent, parfois drôle, porté par des personnages aux caractères bien marqués. Se voulant un condensé des légendes originelles, le livre part de la cosmogonie et s’achève sur le Ragnarök.

On se plaît à redécouvrir des personnages qu’on pensait connaître, Thor avec un marteau au manche trop court mais qui déborde de puissance (comme quoi, la taille, vraiment…), Loki aussi sournois et calculateur qu’on pourrait l’imaginer mais pas toujours aussi fin que le laisse supposer son titre, Odin puissant et intelligent… Même les liens de parentés sont différents (les connaisseurs de la mythologie ont dû bondir en découvrant les incarnations Marvel) Et ça n’est que pour citer les plus connus autour desquels gravitent géants, humains, monstres, lieux, évènements, et divinités dont certains noms pourraient vous rappeler quelque chose (Fenrir, Yggdrasil, Frigg, Heimdall, tout ça).

Brage och Iduna, peinture de Nils Blommér (1846)

L’un dans l’autre, les évènements relatés par Gaiman risquent de ne revêtir qu’un intérêt moindre pour quiconque serait déjà versé dans la culture nordique, cependant cette Mythologie Viking m’a suffisamment plu pour me donner envie d’en lire encore plus. En lire plus de l’auteur déjà (à commencer par American Gods et De bons Présages, écrit avec Pratchett donc), mais surtout en lire plus sur cet univers et en particulier sur ce que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer dans ces pages (des trolls, des fées, etc.).

Pour aller plus loin, je vous suggère le site Humon Comics, qui, entre autres choses, rencarde efficacement sur le sujet tout en illustrant avec quelques dessins (entre deux articles NSFW toutefois, attention, le mélange des genres est assez surprenant).

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